Quand, 56 minutes après avoir été atteinte, la tour Sud s'effondrait, c'est l'incrédulité et la perplexité qui se lisaient sur le visage du chef des pompiers dans son poste de commandement, au rez-de-chaussée de la tour Nord. Étant déjà intervenus à l'occasion d'un incendie et d'un attentat aux explosifs, les pompiers new-yorkais possédaient une parfaite connaissance des tours et avaient la certitude qu'elles étaient aptes à soutenir de tels impacts.
En effet, John Skilling, chef de l'équipe d'ingénieurs concepteurs du World Trade Center, déclarait, en 1993, qu'elles avaient été calculées pour résister à la collision d'un Boeing 707 ou d'un DC8, les plus gros porteurs de l'époque, en pleine charge et volant à 950 km/h (la vitesse de croisière maximale). Il ajoutait que l'impact résulterait "seulement en dommages locaux qui ne pouvaient causer l'effondrement ni de dégats conséquents à l'immeuble".
Frank Demartini, superviseur du chantier de construction, qui avait ses bureaux au 88e étage de la tour Nord et y périt suite à sa décision d'aider à l'évacuation des occupants piégés, précisait, lors d'un entretien du 25 janvier 2001, que les tours pouvaient probablement soutenir plusieurs impacts d'avions de ligne grace à la conception de leur structure externe. Selon ces ingénieurs, toutes les colonnes extérieures d'un côté de l'immeuble, ainsi que celles proches des coins adjacents, pouvaient être sectionnées que cela n'empècherait pas la structure en 'tube' de continuer à remplir parfaitement sa fonction.
La stupéfaction fut aussi celle du chef pompier Ganci lorsqu'il reçut le messager du bureau des urgences (OEM), Steve Moscillo, venu lui dire que "les immeubles allaient s'effondrer et qu'il fallait les évacuer", ce quelques minutes seulement en avance de l'évènement. Interrogé par ABC News, le maire Giuliani, membre de l'OEM, reconnaissait qu'il n'avait fait que transmettre cette information. Le mystère de cette prévision reste donc entier. Quarante minutes après la tour Sud, c'était sa jumelle qui s'effondrait et, en fin d'après midi, la tour WTC7.
WTC2
Sept minutes après la dernière communication avec l'équipe de pompiers qui, ayant atteint le 78e étage, portait secours aux blessés et s'apprêtait à éteindre deux foyers résiduels, la section au-dessus de l'impact s'inclinait vers le Sud, une rotation qui traduisait la perte totale du soutien de la structure interne, la résistance de la partie intacte de la structure externe (le 'tube'), mais pas de la partie endommagée. Puis cette rotation cessa brusquement pour se transformer en chute verticale qui se poursuivit, dans un énorme nuage 'éruptif', des éléments étant projetés à plus de 150 mètres de distance. La plupart des vestiges s'est trouvé répartis radialement autour du pied de la tour.
WTC1
L'effondrement de la tour Nord se fit avec les mêmes caractéristiques que celui de sa jumelle, à part le fait que la partie sommitale s'est effondrée immédiatement sans résistance et de manière parfaitement verticale. La projection des vestiges vers l'extérieur est le trait qui a permis la survie et le sauvetage des rares rescapés.